NIGHTWISH
C’est avec un peu d’avance qu’à 19h50, retentit un roulement de tambour lorsque les projecteurs se furent éteints.
Le public commença à rugir, et ma tension artérielle crève le plafond.
Au bout d’une interminable intro, Peter et ses musiciens prirent possession de la scène, et lancèrent la meilleure
première partie à laquelle il m’est été donné d’assister. Les musiciens, tout autant que le frontman, se donnent à 200%. Après Same Old Song, End of the Line, où le guitariste nous scie sur place
en headbangant furieusement pendant plus d’une minute tout en conservant son jeu impeccable. et Eleanor Rigby (reprise des Beatles), je frôlais déja la syncope. Suit On and On, Peter est un
vrai génie, un homme de scène incroyable. Son talent de chanteur est prouvé par son impressionnante régularité vocale, tant dans les grunts de End of the Line que dans les mélodies de Eleanor
Rigby. Il n’est, de plus, pas avare de communication, saluant, remerciant, parfois provocateur, mais jamais ingrat devant les réactions enthousiastes d’un public séduit. « And now, it is time to get Nailed to the Ground », rugit-il, pour ensuite enchaîner sur Zombie Slam, du dernier album Psalms of Extinction. L’assistance était
conquise.
Clôturèrent le show Just Hate Me, et le fameux Shut Your Mouth, où je commençais à sérieusement manquer de voix et d’oxygène. J’étais fan de Pain depuis déja longtemps, mais ce soir-là, ma Painitude a dépassé les sommets. Peu de gens les connaissaient avant leur ouverture pour Nightwish, mais leur prestation époustouflante leur valut une salve d’applaudissement d’une foule éblouie.
Vidéos du set de Pain, cliquez sur les liens:
link Same Old Song
link Headbang sur End of the Line
link Shut Your Mouth
link Just Hate Me
Après nous avoir chaleureusement remercié et qualifié du « meilleur publlic pour lequel ils aient pû jouer, ils quittèrent la scène, et je continuais à brailler des « Hail Pain » et des « Peter Peter Peter » comme une vraie débile gagatisante. Les techniciens de Nightwish envahirent peu après la scène, pour finir d’installer le matériel. Mais Pain n’ayant que peu de décors, ils eurent vite terminé. Cécile et moi étions dans un état nerveux indescriptible, et quand au bout d’une attente d’à peine une demi-heure (attente remarquablement courte pour un si gros spectacle), les lumières baissèrent, pour laisser la scène et le public dans la pénombre. Nous distinguions dans le fond, une immense toile peinte représentant la couvertire de Dark Passion Play, et d’autres décors semblables.
L’intro monta des enceintes, douce et envoûtante, quand le public commença à scander le nom du groupe mythique. Des projecteurs bleus s’allumèrent, une légère rythmique se fit entendre, les applaudissements se firent plus forts, et au bout. Après 4 longues, très longues minutes d’attente, Jukka et son bandana montèrent sur scène, ovationnés par un public déjà dévoué. Puis Tuomas, Marco et Emppu firent leur entrée, sous une nuée de cris et, c’est Bye Bye Beautiful, second single de DPP, qui inaugura ce concert qui s’annonçait d’ors et déjà plus que prometteur. Annette, la nouvelle chanteuse, toute sourire, arriva la dernière, et se montra d’une énérgie et d’un enthousiasme incroyable. Le refrain fut repris par tout le Zénith, dans un ensemble impressionnant. Marco, très en voix, se trouvait juste en face de nous, nous a repérée et gratifiées de plusieurs sourires et clins d’œil. Tuomas était coiffé d’un haut-de-forme surprenant, faisait des mines et on ne pouvait nier la ressemblance avec un certain Johnny Depp. Emppu, comme à son habitude, survitaminé du haut de son mètre 55, courait, sautait par-dessus les enceintes, tandis que Jukka au sommet de son promontoir dominait la salle.
Sans marquer la moindre pause, ils rempilèrent sur Dark Chest of Wonders, titre phare de Once. C’est sur ce titre
qu’explosa réellement l’ambiance et ma voix, heureusement couverte par la musique. Annette, pourtant si petite, parvint à rallier derrière elle plus de 6000 personnes, et même si elle ne possède
pas l’envergure vocale de Tarja Turunen, elle interprète très honorablement cette chanson qui demande à la fois puissance et maîtrise. Sur Whoever Brings the Night, une de mes pistes préférées de
DDP, il est plus que flagrant que le groupe nourrit une véritable alchimie sur scène, tous sourient, paraissant sincèrement heureux de jouer ici ce soir. Annette a son style bien à elle, se
déplace beaucoup, bouge avec entrain, et nous salue en Français, ce qui est tou à son honneur, car peu de groupes prennent cette peine. Elle dédie The Siren au fan-club français (bah de toute
façon cette chanson je ne l’aime pas, et je n’aime pas non plus le fan-club, alors bouh !)…
L’ambiance se calma quelque peu, moins électrique et survoltée, mais toujours intense pour The Islander, où Marco et Emppu
abandonnent leurs matériel électrique pour des guitares accoustiques. Assis sur des tabourets, Tuomas à ses claviers, Jukka mystérieusement disparu, Annette les rejoint sur scène, coiffée d’une
étrange couronne en plastique sortie tout droit d’une pochette surprise. La chanson est très calme, mais le public clappe des mains en rythme, pour finalement acclamer Marco à la fin de la
chanson, sur invitation d’Annette, très portée sur la reconnaissance de ses compères finlandais.
Promotion de Dark Passion Play oblige, Amaranth est interprétée sans faute (sans brailler les « misheard lyrics
s’il-vous-plait), et contraste fortement avec While Your Lips are Still Red, une ballade en bonus track sur l’album, où seuls les garçons sont sur scène, à l’exception de Emppu. Je n’étais pas
adepte de cette chanson au début, mais l’interprétation en live sans les violons sirupeux, agrémentée de quelques sourires du vicking bibarbique me fait finalement changer d’avis.
link While Your Lips Are Still Red
S’accordant une pause bien méritée, tout le groupe file en coulisse, et laisse l’intro de The Poet and the Pendulum ravir le public.
Les garçons reviennent sur scène et nous mettent K.O. dès les premiers instants, tandis qu’Annette assure une performance vocale très admirable pour un morceau si long. Je me déboite les épaules,
arrache les poumons, mais qu’importe… Tous se donnent à fond, les mains de Tuomas virevoltent sur les claviers, Marco ne faiblit pas sur ses parties chantées. Au bout de 13 minutes, la fin est
époustouflante, sur « Save me » Tuomas illustre son propos en mimant de se faire trancher la gorge, de façon très théatrale (mais non, on ne sent pas la ressemblance avec un certain
Johnny Depp, pour ne citer personne).
link The Poet and The Pendulum (5 premières minutes)
link The Poet and The Pendulum (fin)
Sahara est une bonne suite à TPATP. Bien que peu convaincue par cette chanson sur l’album,
l’entrain général me fait modifier mon opinion, de plus, voir Annette sauter et bouger infatigablement, et Emppu se payer notre tête sur la reprise ont raison de mes réticences. Nightwish est
n’est rien moins que mort, d’ailleurs Dead to the World le confirme bien. Un titre rarement joué en live depuis Century Child, et qui pourtant est un classique..
Malheureusement, Nemo me reste quelque peu en travers de la gorge, n’étant pas soprano qui veut, Annette a parfois du mal à assurer
le niveau très élevé imposé par l’ancienne vocaliste. Mais la grandiloquence de la prestation pallie à ses faiblesses, l’ambiance neigeuse du clip recréée par un flot de cotillons.
Grandiloquence toujours présente sur 7 Days To The Wolves, qui inaugure le rappel. Toujours aussi énergique, Anette grimpe même sur l’estrade de Jukka lors des parties instrumentales pour saluer
l’audience.
Le morceau est suivi par Wishmaster, quelque peu modifié pour coller le plus possible au style vocal d’Anette. Les mythiques « Master ! Apprentice ! Heartborn, Seven Seeker ! Warrior, Disciple, in me the Wishmaster », saccadés par les fracas de batteries, appellent le public à donner encore une fois le meilleur de lui-même, pour soutenir un groupe qui aligne les performances incroyables. Marco nous remercie en hurlant dans son micro « I think, for half and a year we’ve been touring now, you are the best crowd, this is fucking awesome!”, ce à quoi Anette renchérit “Oui, it’s the truth, you’re the best, we are blown away!”. Interlude très gratifiant de la part de ce groupe si mythique dans le monde du Metal. Et ce fut par un Wish I Had An Angel que se termina, dans une apothéose d’effets de pyrotechnique, un déluge de cotillons et une explosion musicale, ce concert absolument époustouflant.
Le public, séduit, ovationna les 5 scandinaves dans un élan de gratitude comme jamais encore je n’en avais vu. L’outro s’éleva. Marco, qui nous avait à plusieurs reprises sourit et fait des petits signes, vicking derrière sa basse. Jukka, sous son bandana. Emppu, 1m55 d’adrénaline et de vitamine C. Anette, qui a soutenu sa performance haut la main. Et Tuomas, ému aux larmes. Tous saluèrent, s’inclinant à plusieurs reprises, bras dessus bras dessus, dans un ensemble et une complicité qui n’avait pas émergé du groupe depuis longtemps. Anette descendit même au premier rang, remerciant, serrant les mains, les larmes aux yeux. Elle récupère la banderole artistiquement réalisée par les soins de Cira. Toujours sur scène, Tuomas a même eu l’immense gentillesse de venir nous serrer la main, sans nul doute par les grands signes et les appels que je destinais à son attention. Quand le groupe fut sorti, -Cira pardonne-moi-, ma très chère meilleure amie avec qui j’avais passé cet extraordinaire moment et qui m’avait tant raillé après mes larmes du concert de Kamelot à Bordeaux, cette même Cira, celle-là même chez qui tout débordement lacrymal est rareté, fondit en larmes sur mon épaule, et j’avoue que moi aussi j’avais une boule dans la gorge.
Les photos du concerts, cliquez sur le lien dessous:
Après 3h de pur bonheur, la neige nous attendait au sortir du Zénith, comme pour nous rappeler dans cet air du temps scandinave, qu’un ange nous accompagnait encore.
Le public est entièrement dévoué aux cinq suédois qui assurent un show impressionant.
Cette fois-ci, le show est définitvement fini. Cat, Nightmare et Skinny jettent leur mediators dans la foule, puis Bone fait de même avec ses baguettes, Whip se trémousse encore un peu, puis ils sortent sous les applaudissements d'un public conquis, au son de
A la fin, Dero murmure au public « Je t’aime… » d’une voix sépulcrale (ce à quoi je réponds « moi aussi»), suivit d’un « Voulez-vous coucher avec moi ce soir » LA chose à ne pas dire, car certaines (et notez bien que je n’ai pas dit moi), auraient été tentées de le prendre au mot. Survivant tant bien que mal à un raz-de-marée émotionnel, je survole